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Le bail est signé, l’enseigne est commandée, et la question du site tombe entre la livraison du comptoir et la première commande de stock. Pour une création de site internet de commerce à La Réunion, le premier réflexe utile consiste à regarder des prix réels. Réunion Webdesign, une agence web à La Réunion installée à Saint-Louis depuis 2005, affiche par exemple les siens en clair sur sa page d’accueil. C’est rare, et c’est un bon point de départ pour comparer.
Reste à savoir quoi acheter. Vitrine et boutique en ligne ne coûtent pas la même chose, ne demandent pas le même travail et ne rapportent pas de la même façon. Ce guide tranche la question pour un commerce qui ouvre sur l’île. Les chiffres viennent de France Num, d’Entreprendre Service Public et de tarifs publics relevés le 2 octobre 2026.
Site vitrine ou boutique en ligne : lequel pour ouvrir un commerce à La Réunion ?
Un site vitrine ne vend rien. Il fait venir. Il donne l’adresse, les horaires, les produits phares, le numéro à appeler. Pour une boulangerie au Tampon ou un salon de coiffure à Saint-Denis, c’est le bon outil.
La boutique en ligne, elle, encaisse. Le client choisit, paie, puis attend son colis ou passe le chercher. Elle vous oblige à tenir un stock à jour, à photographier chaque article et à préparer des envois.
Faut-il les deux dès l’ouverture ? Rarement. Si vos clients achètent en touchant le produit, commencez par la vitrine. Si vous vendez des articles qui voyagent bien, avec une référence précise que l’on recherche par son nom, la boutique se justifie plus tôt.
Le vrai piège : ouvrir une boutique en ligne avec douze produits mal photographiés, parce qu’un ami a dit qu’il fallait « être sur internet ». Mieux vaut pas de boutique du tout qu’une boutique vide. Le visiteur la quitte vite et ne revient pas.
Le critère qui tranche n’est pas technique. C’est le temps. Une vitrine se met à jour quelques fois par an. La boutique, elle, se tient chaque semaine : nouveaux produits, ruptures, retours, colis. Comptez ce temps avant de comparer les prix.

Testez donc chaque proposition sur votre propre téléphone, pas sur l’écran du prestataire. Une page qui oblige à zoomer pour lire les horaires est à refuser, quel que soit le prix.
Combien prévoir pour un site de commerce, sur trois ans
Oubliez le prix affiché à la commande : il ne dit presque rien. Ce qui compte, c’est ce que le site vous aura coûté au bout de trente-six mois, maintenance et abonnements compris.
Le service de l’État pour le numérique des petites entreprises, France Num, donne des fourchettes. Comptez de 900 à 5 000 € pour un site basique et de 3 000 à 10 000 € pour un site e-commerce réalisé par un professionnel. Sur une plateforme en ligne, l’abonnement d’une petite boutique tourne jusqu’à 100 € HT par mois, plus des commissions de 5 à 15 % sur les ventes.
À La Réunion, certains tarifs publics se situent en dessous de ces moyennes. L’agence citée plus haut annonce 967 € TTC pour une vitrine de 1 à 3 pages et 1 967 € TTC pour un site e-commerce, hébergement et maintenance compris la première année, puis 564 € TTC par an avec la maintenance. Ramenés à trois ans, ces chiffres changent la hiérarchie.
Le chiffre qui surprend, c’est la location. À 50 € par mois, l’offre paraît indolore. Elle coûte pourtant presque autant qu’une vitrine achetée et entretenue, sans rien vous laisser à la fin. Mieux vaut payer une fois et rester propriétaire.
Pour la boutique, l’abonnement n’est que la moitié de la note. Une commission de 10 % sur 2 000 € de ventes mensuelles, c’est 200 € de plus chaque mois. Faites ce calcul avec votre chiffre prévu, pas avec celui de la publicité.
Vendre en ligne depuis l’île : ce qui change vraiment
Pensée pour la métropole, une boutique en ligne ne colle pas toujours à un commerce réunionnais. Trois points méritent d’être réglés avant la mise en ligne : les taxes, la livraison et les obligations du vendeur.
Les taxes d’abord. Le module de prix doit appliquer les taux de l’île, pas ceux de Paris.
La livraison ensuite. Sur l’île, le client attend deux choses : un tarif par commune et la possibilité de passer en boutique. Le retrait en magasin coûte peu et ramène du monde au comptoir. Privilégiez-le, et ne le cachez surtout pas en bas de la page de paiement.

Les obligations, enfin. Elles sont les mêmes qu’en métropole. Entreprendre Service Public les liste : un bouton « Commande avec obligation de paiement », un délai de livraison annoncé, sinon 30 jours au plus, et un droit de rétractation de 14 jours. Un prestataire sérieux les intègre sans que vous ayez à les demander. S’il ne connaît pas ces termes, changez de prestataire.
Une dernière règle concerne surtout les commerces qui grandissent vite.
Pour un commerce qui démarre, inutile de s’en inquiéter dès le premier jour. Demandez quand même au prestataire si son modèle de site respecte les contrastes et la navigation au clavier : corriger plus tard coûte plus cher.
Comment choisir son prestataire pour un site de commerce
À La Réunion, l’offre ne manque pas : agences de Saint-Denis, studios du Sud, indépendants qui travaillent depuis chez eux. Le choix se fait rarement sur le prix. Il se fait sur ce que vous pourrez vérifier avant de signer.
La méthode de France Num tient en quatre gestes : écrire un cahier des charges d’une page, l’envoyer à plusieurs professionnels, regarder leurs réalisations et appeler un ou deux de leurs clients. On saute volontiers cette étape. Dommage : ce coup de fil vaut plus que n’importe quelle plaquette.
Le troisième point est le plus important. Un site dont le nom de domaine est enregistré au nom du prestataire vous attache à lui. Le jour où vous voulez partir, vous repartez de zéro, adresse comprise. Exigez la propriété du domaine dès la signature.
Regardez aussi la ligne maintenance avant le prix. C’est elle que vous paierez chaque année. Méfiez-vous du devis sans maintenance chiffrée. Il n’est pas moins cher : il est incomplet.
Le prestataire local a un avantage simple : le même fuseau horaire et un rendez-vous possible dans la semaine. Quand la boutique bloque un samedi matin, la différence se sent. Un développeur à l’autre bout du monde, qui dort pendant vos heures d’ouverture, coûte moins cher sur le devis et plus cher le jour de la panne.
Questions fréquentes
Si vous ne deviez faire qu’une chose cette semaine : écrivez sur une page ce que le site doit faire, envoyez-la à trois prestataires de l’île et comparez les réponses sur la même ligne, celle du coût à trois ans.

Par S. Ferrand
Rédacteur
S. Ferrand est un rédacteur passionné par l'e-commerce et les outils numériques au service des commerçants. Il s'assure de l'exactitude de ses informations en s'appuyant sur des sources fiables et des analyses approfondies.