Sommaire 8 parties
- Votre logiciel de stock tourne sur un serveur loué, pas dans un abonnement
- Docker VPS, ce que ça change pour un commerçant qui s’héberge
- Installer Docker prend trois minutes, la suite demande de l’attention
- Un port publié par Docker passe à travers UFW, le piège du pare-feu
- Les journaux qui remplissent le disque, la panne qu’on ne voit pas venir
- Ce que l’auto-hébergement vous laisse sur les bras la troisième année
- Les vérifications à faire avant d’y mettre vos données clients
- Questions fréquentes
Vous payez un abonnement pour le stock, un autre pour le site, un troisième pour le tableau de bord des ventes. Trois prélèvements par mois. L’idée finit par venir de louer un seul serveur et d’y installer vous-même ces outils. C’est faisable. Le tutoriel Docker VPS de l’hébergeur canadien FFxF, publié le 6 août 2026 et mis à jour le 22 septembre, déroule le chemin en neuf minutes de lecture. Il dit aussi où ça casse. Lisez cette partie-là avant le prix.
Votre logiciel de stock tourne sur un serveur loué, pas dans un abonnement
Un VPS est une tranche de machine louée dans un centre de données. Vous ne la voyez jamais. Vous vous y connectez à distance, vous y installez ce que vous voulez, et vous payez à l’heure ou au mois. Chez FFxF, les machines sont à Montréal et l’entrée de gamme s’affiche à 8,50 dollars canadiens par mois (tarif lu le 9 octobre 2026).
La différence avec un abonnement tient en une phrase. Dans un abonnement, l’éditeur met à jour, sauvegarde et répare. Sur un serveur loué, c’est vous.
Louer un serveur ne vous rend pas propriétaire de la machine. Vous devenez propriétaire de l’installation, et c’est déjà beaucoup. Vos fiches produits, vos commandes et vos clients vivent dans des fichiers que vous copiez et emportez chez un autre hébergeur le jour où le tarif ne vous convient plus. Aucun abonnement ne vous laisse partir aussi facilement.
Une réserve, une seule. Laissez la caisse hors de ce projet au départ : l’encaissement obéit à des règles fiscales propres, et c’est une question à poser à votre expert-comptable avant de toucher à quoi que ce soit. Le stock, le site et le tableau de bord sont de meilleurs candidats.

Docker VPS, ce que ça change pour un commerçant qui s’héberge
Docker range chaque logiciel dans une boîte fermée, le conteneur, avec tout ce qu’il lui faut pour tourner. Le logiciel de stock dans une boîte, sa base de données dans une autre, le site dans une troisième. Elles ne se marchent pas dessus.
Le vrai gain est ailleurs. La page de FFxF le formule ainsi : toute une pile (application, base de données, cache, proxy) tient dans un seul fichier versionné et se redéploie à l’identique. Ce fichier, c’est votre recette d’installation, écrite une fois.
Concrètement ? Le serveur tombe, ou vous changez d’hébergeur. Vous louez une autre machine, vous y copiez le fichier et vos sauvegardes, vous relancez. Les mêmes outils reviennent, aux mêmes versions. Sans Docker, il faudrait refaire à la main une installation dont personne ne se souvient dix-huit mois plus tard.
Docker ne convient pas à tout le monde, et il faut le dire avant la dépense. Si personne dans la boutique n’a jamais ouvert un terminal, gardez vos abonnements. Franchement, un outil que vous ne savez pas redémarrer un samedi matin ne vous fait rien économiser.
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Installer Docker prend trois minutes, la suite demande de l’attention
Trois commandes. Environ trois minutes. C’est ce qu’annonce le tutoriel pour la première étape, et c’est exact : l’installation est la partie facile.
L’erreur classique est de s’arrêter là, parce que « ça marche ». Le site s’affiche, le logiciel de stock répond, on passe à autre chose. Le tutoriel prévient lui-même que ce qui mérite l’attention vient après l’installation. Sur les six étapes, deux pèsent plus lourd que les quatre autres : la troisième, sur les journaux, et la quatrième, sur le pare-feu.
Les étapes 2, 5 et 6 relèvent du confort et de l’organisation : travailler sans le compte administrateur, écrire sa première pile Compose, connaître les gestes du quotidien. Utiles, mais sans urgence. Les étapes 3 et 4, elles, décident si votre boutique tient debout dans six mois. Ne les remettez jamais à plus tard.

Un port publié par Docker passe à travers UFW, le piège du pare-feu
UFW est le pare-feu simple d’Ubuntu. Vous fermez tout, vous ouvrez le web et l’accès à distance, et vous pensez la base de données à l’abri. Elle ne l’est pas forcément.
La documentation officielle de Docker, lue le 9 octobre 2026, l’écrit sans détour : Docker et ufw utilisent les règles de pare-feu d’une manière qui les rend incompatibles. Quand un conteneur publie un port, Docker route le trafic dans la table « nat ». Les paquets sont détournés avant d’atteindre les chaînes INPUT et OUTPUT, celles que surveille ufw. Le pare-feu affiche « fermé ». La porte est ouverte.
Pour vous, cela a un visage précis. La base de données du logiciel de stock contient vos clients, leurs adresses et leurs commandes. Publiée par mégarde, elle répond à n’importe qui sur internet, alors que votre écran de contrôle vous assure le contraire.
Le test prend deux minutes. Coupez le wifi de votre téléphone, passez en 4G, et tentez de joindre l’adresse du serveur sur le port de la base. Si quelque chose répond, vous êtes exposé. La quatrième étape du tutoriel de FFxF explique la cause et donne la correction. L’hébergeur propose aussi un pare-feu placé devant les machines, donc hors de portée de Docker. N’enregistrez aucune donnée de vos clients sur le serveur avant que ce test ait échoué.
Le Canada figure sur la liste des pays reconnus « adéquats » par la Commission européenne depuis la décision 2002/2/CE, adoptée le 20 décembre 2001. La reconnaissance est partielle : la liste publiée par le Comité européen de la protection des données la limite aux organisations commerciales, celles que couvre la loi fédérale canadienne sur les renseignements personnels. Sources : Comité européen de la protection des données, Legiscope, consultés le 9 octobre 2026.
Les journaux qui remplissent le disque, la panne qu’on ne voit pas venir
Chaque conteneur note ce qu’il fait, ligne après ligne. Ces journaux servent le jour où il faut comprendre une panne. Le reste du temps, ils grossissent.
La documentation de Docker est claire sur le réglage d’origine. Le pilote par défaut s’appelle json-file, et « par défaut, aucune rotation des journaux n’est effectuée ». Elle ajoute qu’un conteneur bavard finit par épuiser l’espace disque. Rien ne vous avertit. Un matin, la base refuse d’écrire, le logiciel de stock se fige, et le site affiche une erreur.
Le remède tient en deux valeurs. L’exemple donné par la documentation plafonne chaque fichier à 10 Mo et en garde 3, soit 30 Mo au plus par conteneur. Docker recommande aussi le pilote « local », qui fait la rotation tout seul. C’est l’objet de la troisième étape du tutoriel. Cinq minutes de réglage contre une boutique à l’arrêt : le calcul est vite fait.
Ce que l’auto-hébergement vous laisse sur les bras la troisième année
Un outil se juge à ce qu’il coûte la troisième année. À 8,50 dollars canadiens par mois, la machine d’entrée de gamme revient à 306 dollars canadiens sur 36 mois, avant le taux de change et à condition qu’elle suffise à vos outils. Ce chiffre-là est le petit poste.
Le gros poste, c’est votre temps. Les mises à jour ne s’installent pas seules. Les sauvegardes non plus. Le guide de l’ANSSI « La cybersécurité pour les TPE/PME en 13 questions », dont la version d’octobre 2022 a été présentée par la Direction générale des entreprises le 26 octobre 2022, consacre deux de ses treize questions à ces sujets précis : faites-vous des sauvegardes régulières, appliquez-vous les mises à jour régulièrement.
Posez-vous la question du remplaçant. Qui intervient si vous êtes en congé, ou si le neveu qui a tout installé a changé de ville ? Une installation que seule une personne comprend est une dette. Écrivez la procédure sur une page, avec les mots de passe rangés ailleurs, et faites-la suivre une fois par quelqu’un d’autre.
Les vérifications à faire avant d’y mettre vos données clients
Un serveur à Montréal, ce sont des données qui sortent de l’Union européenne. Le Canada bénéficie d’une décision d’adéquation pour les organisations commerciales, ce qui simplifie le cadre. Il ne vous décharge de rien : vous restez responsable de ces données au sens du RGPD, et c’est à vous de vérifier que la décision s’applique à votre hébergeur et qu’elle est toujours en vigueur. Pour votre cas précis, la CNIL ou votre conseil habituel tranche, pas un tutoriel.
Quatre contrôles avant la première fiche. Le port de la base ne répond pas depuis l’extérieur, test en 4G à l’appui. Les journaux sont plafonnés. Le fichier Compose existe en copie ailleurs que sur le serveur. Un nom est écrit en face de la ligne « qui intervient en cas de panne ».
Reste le cinquième, celui que presque personne ne fait. Louez une seconde machine pour une heure, puisque la facturation à l’heure existe, et restaurez-y votre sauvegarde. Si vos outils ne redémarrent pas avec vos données, vous n’avez pas de sauvegarde. Vous avez un fichier.
Questions fréquentes
Faut-il savoir programmer pour utiliser Docker sur un VPS ?
Non, mais il faut être à l’aise avec la ligne de commande. L’installation tient en trois commandes selon le tutoriel de FFxF. La difficulté vient ensuite : pare-feu, journaux, sauvegardes et mises à jour restent à votre charge.
Docker contourne-t-il vraiment le pare-feu UFW ?
Oui. La documentation officielle de Docker indique que Docker et ufw sont incompatibles : le trafic des ports publiés est routé dans la table nat avant d’atteindre les chaînes que surveille ufw. Un port publié reste donc joignable même si ufw le dit fermé.
Combien coûte un serveur loué pour héberger ses outils ?
Chez FFxF, les machines virtuelles démarrent à 8,50 dollars canadiens par mois (tarif lu le 9 octobre 2026), soit 306 dollars canadiens sur trois ans pour l’entrée de gamme. Ajoutez le taux de change et surtout le temps passé à entretenir l’installation.
Un commerçant français a-t-il le droit d’héberger des données clients au Canada ?
Le Canada bénéficie d’une décision d’adéquation de la Commission européenne (2002/2/CE du 20 décembre 2001), limitée aux organisations commerciales. Vous restez responsable des données au sens du RGPD. Pour votre situation, vérifiez auprès de la CNIL ou de votre conseil.
FFxF, tutoriel « Docker on a VPS: install, Compose, firewall », publié le 6 août 2026, mis à jour le 22 septembre 2026, lu le 9 octobre 2026.
Documentation Docker, page « Packet filtering and firewalls », section Docker et ufw, lue le 9 octobre 2026.
Documentation Docker, page « Configure logging drivers », lue le 9 octobre 2026.
Comité européen de la protection des données, page « Transferts internationaux de données », consultée le 9 octobre 2026.
Legiscope, article sur les transferts de données entre l’Union européenne et le Canada, consulté le 9 octobre 2026.
Direction générale des entreprises, « La cybersécurité pour les TPE/PME en 13 questions » (guide de l’ANSSI), page publiée le 26 octobre 2022.
Crédit Mutuel, présentation des treize questions du guide de l’ANSSI, consultée le 9 octobre 2026.

Par S. Ferrand
Rédacteur
S. Ferrand est un rédacteur passionné par l'e-commerce et les outils numériques au service des commerçants. Il s'assure de l'exactitude de ses informations en s'appuyant sur des sources fiables et des analyses approfondies.